Koweït

Chèques sans provision au Koweït : guide de la plainte pénale et des droits du porteur (2026)

20 octobre 2026

Au Koweït, émettre un chèque sans provision suffisante peut encore constituer une infraction pénale, et un porteur qui laisse passer les délais courts peut perdre des droits. La règle pénale est l'article 237 du Code pénal (loi n° 16 de 1960), dans la forme que lui a donnée la loi n° 84 de 2003. Les droits du porteur en tant que bénéficiaire figurent dans le Code de commerce (décret-loi n° 68 de 1980). Ce guide expose les délais et les étapes. Nous assistons nos clients pour le Koweït depuis notre bureau au Koweït. Ce guide se limite aux chèques sans provision. Les guides connexes sont indiqués à la fin de cet article.

Quand un chèque sans provision est une infraction (article 237)

L'article 237, tel que modifié par la loi n° 84 de 2003, punit d'une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à trois ans et d'une amende pouvant aller jusqu'à 500 dinars, ou de l'une de ces deux peines seulement, quiconque agit de mauvaise foi de l'une de ces manières :

  • émettre un chèque sans provision existante et disponible ;
  • retirer tout ou partie de la provision après l'émission du chèque, de sorte que le solde ne couvre pas sa valeur ;
  • ordonner à la banque de ne pas payer le chèque ;
  • rédiger ou signer délibérément le chèque de manière à empêcher son paiement ; ou
  • endosser un chèque au profit d'une autre personne, ou remettre un chèque au porteur, en sachant que la provision ne couvre pas sa valeur totale ou qu'il ne peut être payé.

Sans préjudice de l'article 532 du Code de commerce, la protection pénale ne commence qu'à la date inscrite sur le chèque. Un chèque postdaté n'est donc pas protégé avant l'arrivée de sa date. Le récidiviste encourt la peine aggravée que le Code pénal prévoit pour la récidive. Le dernier alinéa de l'article 237 donne au tribunal un pouvoir d'appréciation : il peut dispenser l'auteur de la peine s'il prouve avoir payé la valeur du chèque avant le jugement définitif. S'il prouve le paiement après le jugement, la juridiction qui l'a rendu peut suspendre l'exécution de la peine à sa demande ou à celle de son représentant. Le paiement n'éteint pas automatiquement l'action.

Chèques de sociétés (article 237 bis)

Une personne qui commet l'un de ces actes sur le compte d'une personne morale n'est pas pénalement responsable si elle a agi sur ordre du représentant de la personne morale, après l'avoir averti que l'acte relève de l'article 237. Dans ce cas, la responsabilité pénale incombe à la personne qui a donné l'ordre.

Le délai de la plainte pénale (article 237 bis (a))

Aucune action pénale n'est engagée si la victime ne dépose pas sa plainte auprès du Parquet dans un délai de :

  • quatre mois à compter de la date inscrite sur le chèque comme date d'émission, s'il est tiré au Koweït ; ou
  • six mois, s'il est tiré hors du Koweït et payable au Koweït.

Qui traite l'affaire (article 237 bis (b))

Le Parquet seul enquête, décide et poursuit pour toutes les infractions de l'article 237.

Présenter le chèque à temps (Code de commerce)

Les droits civils du porteur dépendent aussi des délais :

  • Un chèque tiré au Koweït et payable au Koweït doit être présenté au paiement dans un délai d'un mois. S'il est tiré hors du Koweït et payable au Koweït, le délai est de trois mois. Les délais courent de la date inscrite sur le chèque comme date d'émission (article 533).
  • Un chèque est payable à vue. S'il est présenté avant la date qui y est inscrite, il doit être payé le jour de la présentation (article 532).
  • Le refus de paiement doit être constaté de la manière que décrit l'article 546, avant la fin du délai de présentation. Si le chèque est présenté le dernier jour, la preuve peut être faite le jour ouvrable suivant (article 548).
  • Un porteur qui présente à temps et prouve le refus peut exercer un recours contre le tireur, les endosseurs et les autres obligés (article 546).
  • Un porteur conserve son recours contre le tireur même s'il n'a pas présenté le chèque ou prouvé le refus à temps, sauf si le tireur avait constitué la provision et qu'elle est restée à la banque jusqu'à la fin du délai de présentation, puis a disparu sans faute du tireur (article 547).
  • L'article 510 applique aux chèques les règles de la lettre de change, dans la mesure où elles ne sont pas contraires à la nature du chèque.

Recouvrement civil

Un porteur peut réclamer le montant du chèque au tireur devant les juridictions civiles. Le Code de commerce donne au porteur des droits de recours contre le tireur et les endosseurs, dans les limites indiquées ci-dessus. Nous n'avons pas lu pour ce guide les dispositions de la loi de procédure sur les ordonnances de paiement et l'exécution : vérifiez donc si votre chèque ouvre la voie de l'ordonnance de paiement et de l'exécution avant de la choisir. Les actions de recours cambiaire spéciales contre le tireur, les endosseurs et les autres obligés sont en général prescrites six mois après la fin du délai de présentation (article 550, avec les réserves des articles 551 à 553), et les délais de présentation et de preuve peuvent être prolongés dans les circonstances que prévoit l'article 549. Les actions fondées sur la dette sous-jacente appellent une analyse distincte : ne supposez donc pas que toute action civile s'éteint après six mois. Une plainte pénale et une action civile peuvent avancer en parallèle, mais la plainte pénale est soumise au délai court de l'article 237 bis (a).

Plan pas à pas pour le porteur

  1. Vérifier la date du chèque. Les délais de présentation et de plainte de ce guide se comptent à partir de la date inscrite sur le chèque comme date d'émission, et non du jour de sa remise, sous réserve de la règle propre à chaque délai, de la preuve et des prolongations. Notez cette date et comptez à la fois le délai de présentation d'un mois et le délai de plainte de quatre mois (ou trois et six mois pour un chèque tiré à l'étranger) avant toute autre démarche.
  2. Présenter le chèque à la banque dans le délai. Selon l'article 533 du Code de commerce, un chèque tiré et payable au Koweït doit être présenté dans un délai d'un mois. La présentation à une chambre de compensation reconnue vaut présentation.
  3. Obtenir la preuve du refus. L'article 546 subordonne le recours contre le tireur et les endosseurs à la preuve du refus de paiement. Demandez à la banque une déclaration datée et signée sur le chèque lui-même, mentionnant le jour de la présentation et le refus de paiement, et conservez le chèque original. L'article 546 permet aussi le protêt ou l'attestation prescrite de la chambre de compensation. L'article 548 permet de faire la preuve le jour ouvrable suivant si vous avez présenté le chèque le dernier jour du délai.
  4. Décider de la plainte pénale. L'article 237 bis (a) ferme la voie à l'action pénale si la plainte parvient au Parquet après quatre mois (six pour un chèque étranger payable au Koweït). N'attendez pas la fin des pourparlers de règlement pour compter ce délai.
  5. Préparer l'action civile. Réunissez le chèque, le relevé bancaire, le contrat ou la facture sous-jacent et tous les messages qui montrent pourquoi le chèque a été remis.

Lequel des cinq actes est en cause ? Pourquoi les faits comptent

L'article 237 n'est pas déclenché par le seul rejet d'un chèque. Le ministère public doit faire entrer les faits dans l'un des cinq actes et établir la mauvaise foi. Les porteurs renforcent une plainte en réunissant les faits qui correspondent à l'acte :

  • Absence de provision à l'émission : le relevé bancaire à la date d'émission.
  • Provision retirée après coup : les mouvements du compte entre la date d'émission et la date de présentation.
  • Opposition au paiement : la mention de la banque indiquant que le tireur lui a ordonné de ne pas payer.
  • Signature ou rédaction qui empêche le paiement : le motif de refus de la banque, par exemple une signature non conforme.
  • Chèque endossé, ou chèque au porteur remis, en connaissance de cause : la preuve de la personne qui l'a endossé ou remis et de ce qu'elle savait.

Chèques postdatés

La pratique koweïtienne utilise souvent le chèque comme promesse de paiement à date future. L'article 532 du Code de commerce dit que le chèque est payable à vue : la banque doit donc le payer s'il est présenté avant la date inscrite. L'article 237, en revanche, n'accorde la protection pénale qu'à partir de la date inscrite sur le chèque. Un porteur qui présente le chèque tôt obtient le droit au paiement, mais ne doit pas voir dans un rejet précoce le point de départ de l'action pénale.

Sociétés et signataires

Lorsque le chèque d'une société est rejeté, la première question est de savoir qui a donné l'ordre. L'article 237 bis protège la personne qui a agi sur l'ordre du représentant après l'avoir averti que l'acte relève de l'article 237, et fait peser la responsabilité sur la personne qui a donné l'ordre. Un porteur doit donc identifier le signataire et le représentant de la société au moment de l'émission et conserver la preuve de qui a donné l'ordre, afin que la plainte vise les bonnes personnes.

Chèques tirés à l'étranger

Pour un chèque tiré hors du Koweït et payable au Koweït, les délais sont plus longs : trois mois pour la présentation (article 533) et six mois pour la plainte pénale (article 237 bis (a)). Ces délais plus longs ne s'appliquent pas à un chèque tiré au Koweït. Le lieu où le chèque a été tiré détermine la catégorie dont il relève, et la date qui y est inscrite fixe le début du délai de plainte.

Comment nous pouvons aider

Depuis notre bureau au Koweït, nous examinons le chèque et l'attestation de la banque, calculons chaque délai, préparons la plainte auprès du Parquet et l'action civile, et suivons l'affaire jusqu'au recouvrement. Envoyez-nous dès que possible une copie du chèque et l'attestation de refus de la banque, car les délais sont courts.

Erreurs courantes des porteurs

  1. Attendre plus de quatre mois, ou six si le chèque est tiré à l'étranger, avant de déposer la plainte pénale.
  2. Accepter un chèque postdaté en croyant que la protection pénale commence le jour de la signature. Elle commence à la date qui y est inscrite.
  3. Ne pas obtenir la preuve du refus sous la forme que l'article 546 exige.
  4. Présenter le chèque trop tard, ce qui peut faire perdre le recours contre les endosseurs.

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Questions fréquentes

Un chèque sans provision est-il encore une infraction au Koweït ?

Oui. L'article 237 du Code pénal, tel que modifié par la loi n° 84 de 2003, punit les actes énumérés de trois ans d'emprisonnement au plus et d'une amende de 500 dinars au plus, ou de l'une de ces peines, lorsqu'ils sont commis de mauvaise foi. Nous n'avons pas confirmé qu'aucune modification ultérieure n'a changé cela : vérifiez donc le dernier texte modifié avant de citer le montant.

Quel est le délai de la plainte pénale ?

Quatre mois à compter de la date inscrite sur le chèque s'il est tiré au Koweït, et six mois s'il est tiré à l'étranger et payable au Koweït (article 237 bis (a)).

Qui poursuit ?

Le Parquet seul (article 237 bis (b)).

De combien de temps dispose-t-on pour présenter un chèque ?

Un mois pour un chèque koweïtien payable au Koweït, trois mois pour un chèque étranger payable au Koweït (article 533 du Code de commerce).

Comment pouvez-vous aider ?

Depuis notre bureau au Koweït, nous préparons la plainte, vérifions vos délais et poursuivons le recouvrement.

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