Koweït

Documents d'un litige commercial au Koweït : loi sur la preuve 39 de 1980, Code de procédure 38 de 1980, loi 20 de 2014 sur les transactions électroniques, légalisation des documents étrangers (2026)

18 octobre 2026

Une action commerciale au Koweït se gagne ou se perd le plus souvent sur pièces. Le tribunal regarde ce que dit le contrat, ce que montrent les factures et les bons de livraison, ce que les parties se sont écrit et si chaque document peut être retenu sous la forme où il est produit. Deux textes de 1980 posent les règles de base. Le Code de procédure civile et commerciale, décret-loi 38 de 1980, régit la manière dont une action est introduite et jugée. La loi sur la preuve en matière civile et commerciale, décret-loi 39 de 1980, régit ce qui prouve un fait. Cet article expose comment le bureau du Koweït prépare les documents d'un litige commercial, y compris les écrits électroniques et les documents venus de l'étranger.

Le cadre juridique : procédure, preuve et écrits électroniques

Les clients croient souvent que le Code de procédure contient les règles de preuve, mais celles-ci figurent dans la loi distincte sur la preuve, décret-loi 39 de 1980. Le Code de procédure détermine où et comment l'action commence, comment elle est signifiée et comment se déroulent les audiences. La loi sur la preuve détermine qui doit prouver quoi, comment l'on use des écrits, des témoins, des experts et des serments, et comment un document est contesté.

Deux autres sources comptent en matière commerciale. Le Code de commerce, décret-loi 68 de 1980, régit les livres de commerce du commerçant et admet, pour les contrats commerciaux, la preuve par tous moyens dans de nombreuses situations. La loi 20 de 2014 sur les transactions électroniques donne aux écrits et signatures électroniques le même effet juridique qu'aux écrits et signatures sur papier.

Charge de la preuve et pertinence selon les articles 1 et 2 de la loi sur la preuve

L'article 1 de la loi sur la preuve met la charge sur la partie qui invoque un droit : le créancier doit prouver l'obligation, et le débiteur sa libération. Dans une action en paiement, le demandeur doit donc montrer le contrat, l'exécution et le montant dû, et le défendeur le paiement, la compensation ou une autre cause d'extinction.

L'article 2 ajoute que les faits à prouver doivent être pertinents, concluants et admissibles. Les pièces qui ne touchent pas un fait contesté allongent le dossier et donnent prise à l'adversaire. Un bordereau resserré, ordonné par question et indexé, aide le juge et tout expert désigné à saisir vite l'essentiel.

Les actes authentiques et leurs copies, articles 8 à 12

L'article 8 définit l'acte authentique comme celui où un officier public, ou une personne chargée d'un service public, consigne ce qu'il a fait ou reçu des intéressés, selon les formes légales et dans les limites de sa compétence. Si l'acte ne remplit pas ces formes, il n'a que la valeur d'un acte sous seing privé, à condition que les intéressés l'aient signé. L'article 9 fait de l'acte authentique une preuve concluante à l'égard de tous pour ce que l'officier a consigné comme accompli par lui ou survenu en sa présence, tant que le faux n'est pas établi par les voies légales.

Les articles 10 et 11 traitent des copies. Une copie officielle, manuscrite ou photographique, fait foi dans la mesure où elle est conforme à l'original. Elle est présumée conforme, sauf contestation d'une partie, auquel cas elle est confrontée à l'original. Si l'original n'existe plus, une expédition officielle garde la force probante de l'original si son aspect ne prête pas à doute. Selon l'article 12, le juge apprécie la valeur des certificats et extraits tirés d'actes authentiques. Il faut donc commander tôt des copies certifiées des actes officiels.

Les actes sous seing privé : signature, date et dénégation, articles 13 à 16 et 27 à 31

Selon l'article 13, un acte sous seing privé est réputé émaner de celui qui l'a signé, sauf si celui-ci dénie expressément l'écriture, la signature, le sceau ou l'empreinte qu'on lui attribue. L'héritier ou l'ayant cause doit seulement jurer qu'il ignore si la marque émane de son auteur. Un contrat signé, un bon de commande ou une reconnaissance de dette a donc une vraie force, et la dénégation doit être expresse.

L'article 14 limite l'effet d'un acte privé à l'égard des tiers quant à sa date. La date n'est certaine qu'à partir du jour de l'inscription de l'acte au registre prévu, du jour où un officier public compétent le vise, ou du décès d'un signataire, entre autres cas. L'article 16 donne aux lettres signées la valeur d'un acte privé. Selon l'article 27, l'inscription de faux peut viser les actes authentiques et privés, alors que la dénégation d'écriture ou de signature ne vise que les actes privés. Celui qui allègue le faux supporte la charge de la preuve. Une dénégation rejetée est sanctionnée par l'amende de l'article 31, remplacé par la loi 107 de 2013, et une inscription de faux rejetée par l'amende de l'article 36.

Livres de commerce, correspondance et annotations, articles 17 à 21

L'article 17 dispose que les livres d'un commerçant ne font pas preuve contre un non-commerçant, mais que les mentions relatives aux fournitures permettent au juge de déférer le serment supplétoire à l'une ou l'autre partie. Les livres obligatoires font preuve contre leur propriétaire, qu'ils aient été tenus régulièrement ou non. Selon l'article 18, les livres obligatoires régulièrement tenus font preuve pour leur propriétaire contre un autre commerçant lorsque le litige porte sur un acte de commerce, et l'adversaire peut renverser cette preuve, y compris par ses propres livres régulièrement tenus.

L'article 19 permet de déférer le serment sur la validité de sa demande à un commerçant qui s'est appuyé sur les livres de l'autre commerçant et en a accepté d'avance le contenu, si l'autre commerçant refuse ensuite sans motif de produire ces livres. L'article 21 donne du poids à la mention de libération portée par le créancier sur le titre, même sans signature, dans les cas prévus. Des livres régulièrement tenus peuvent aider dans une action contre un autre commerçant et peuvent aussi être invoqués contre le client.

Témoins et limites de la preuve orale, articles 39 à 41

L'article 39 restreint la preuve orale en matière non commerciale. Si l'acte juridique dépasse cinq mille dinars ou est de valeur indéterminée, son existence ou son extinction ne peut être prouvée par témoins, sauf convention contraire ou autre disposition. La restriction est écrite pour les matières non commerciales, de sorte que, dans un litige commercial, le tribunal a plus de latitude pour entendre des témoins sur les relations entre commerçants. Les écrits restent la voie la plus sûre.

L'article 40 interdit la preuve orale contre ou au-delà du contenu d'un écrit, ainsi que pour le solde d'un droit qui ne peut être prouvé que par écrit. L'article 41 l'autorise en cas de commencement de preuve par écrit, c'est-à-dire tout écrit de l'adversaire rendant vraisemblable l'acte allégué, ou lorsqu'un empêchement matériel ou moral a empêché d'obtenir un écrit. Les courriels et les bons de livraison servent souvent de commencement de preuve.

Contraindre l'adversaire à produire un document, articles 22 à 25

Selon l'article 22, un plaideur peut demander au tribunal de contraindre l'adversaire à produire un document déterminant pour l'action qu'il détient, dans les cas énumérés. Ils comprennent un document que la loi permet d'exiger, un document commun aux deux plaideurs et un document dont l'adversaire s'est prévalu dans l'instance. Selon l'article 23, si le demandeur prouve sa demande, le tribunal ordonne la production, sinon l'adversaire jure que le document n'existe pas ou qu'il ignore où il se trouve.

L'article 24 permet au tribunal d'appeler un tiers en cause pour produire un document, et d'ordonner à une autorité administrative de fournir les informations et documents qu'elle détient. L'article 25 interdit à un plaideur de retirer un document produit sans l'accord de l'adversaire ou l'autorisation écrite du juge. Un document doit être examiné avant d'être produit, car son retrait est restreint.

La preuve électronique selon la loi 20 de 2014

L'article 3 de la loi sur les transactions électroniques donne aux écrits, documents, messages, transactions et signatures électroniques le même effet juridique qu'aux écrits en matière civile, commerciale et administrative, tant pour lier les parties que comme preuve, lorsqu'ils sont établis conformément à cette loi. L'article 6 traite la copie papier d'un document électronique comme une preuve à l'égard de tous pour un acte authentique, et comme une preuve contre celui qui a signé électroniquement un document non officiel, dans la mesure où elle est conforme à l'original.

L'article 7 renvoie les questions d'authentification à la loi sur la preuve, dans la mesure où la loi sur les transactions électroniques et son règlement ne les traitent pas. L'article 14 dispose qu'un écrit électronique conservé à titre de preuve lie les parties sauf si une autre loi exige une preuve écrite, et les articles 18 et 19 reconnaissent la signature électronique protégée qui identifie le signataire et lui est seule liée. Le client doit conserver les fichiers natifs, exporter les courriels avec leurs en-têtes et garder le certificat de signature.

Documents étrangers : légalisation, traduction en arabe et question de l'apostille

Un litige commercial dépend souvent de documents établis à l'étranger, comme une décision de la société mère, une procuration étrangère ou un certificat d'immatriculation. Nous avons vérifié la liste des États parties à la Convention de La Haye de 1961 sur l'apostille : le Koweït n'y figure pas, alors que Bahreïn et Oman y figurent. Une apostille unique du pays d'origine ne suffit donc pas devant un tribunal koweïtien, et la voie habituelle est une chaîne : notarisation ou attestation de l'autorité émettrice dans le pays d'origine, attestation de son ministère des Affaires étrangères, légalisation par l'ambassade du Koweït dans ce pays, puis attestation par le ministère des Affaires étrangères au Koweït.

Tous les documents déposés devant un tribunal koweïtien doivent être en arabe, et le tribunal peut exiger une traduction officielle. Nous planifions donc ensemble la chaîne et la traduction et nous commençons tôt, car les étapes se suivent et chacune vérifie le cachet précédent. Les exigences varient selon le type de document et le pays d'origine : le bureau du Koweït les confirme d'abord auprès de l'ambassade et du ministère, et revérifie la liste de l'apostille car les adhésions évoluent.

Dépôt et services en ligne du ministère de la Justice

Une action au Koweït s'introduit en déposant une assignation avec ses pièces auprès du greffier du tribunal compétent. Le greffier garde une copie et transmet l'original pour signification au défendeur, ce qui prend généralement cinq à dix jours selon le guide du contentieux de DLA Piper. Le défendeur répond par des conclusions en défense, avec ses preuves, avant la date d'audience indiquée sur l'acte de signification. Si des faits sont contestés, le tribunal peut désigner un expert sur la liste du ministère de la Justice, et il décide s'il suit le rapport d'expertise.

Le ministère de la Justice propose des services en ligne sur son portail Adl. Son guide pour avocats de mars 2024 décrit un service permettant aux avocats inscrits de déposer à distance des assignations depuis leur cabinet, avec authentification par l'application Hawiyati, et un service pour les ordonnances de paiement permettant de les déposer à distance et d'imprimer les vignettes de la chemise de pièces. Le guide ne décrit pas de voie en ligne pour les demandeurs individuels sans avocat, et nous n'en avons pas trouvé. Nous confirmons les démarches et les frais actuels du portail au moment du dépôt.

Conserver la preuve avant et pendant un litige, articles 51, 71 et 72

La preuve peut être sécurisée avant le procès. Selon l'article 51, celui qui craint de perdre la possibilité d'entendre un témoin sur une affaire non encore portée devant les tribunaux mais susceptible de l'être peut demander au juge des référés d'entendre ce témoin en présence des intéressés. L'article 72 permet une demande semblable pour la constatation de faits qui peuvent disparaître, comme l'état de marchandises, de locaux ou d'une livraison. L'article 71 permet au tribunal d'inspecter lui-même l'objet du litige et de désigner un expert pour l'assister.

En pratique, nous conseillons d'agir dès les premiers signes d'un litige : conserver le contrat original et chaque avenant, réunir les preuves de livraison et de réception, exporter les messages électroniques, demander une constatation lorsque des marchandises ou travaux vont changer, et envoyer des mises en demeure écrites claires avec preuve d'envoi.

Comment le bureau du Koweït prépare un dossier de litige commercial

Le bureau du Koweït part des éléments que le client doit prouver selon l'article 1 de la loi sur la preuve, associe à chacun le document qui l'appuie et note lesquels sont authentiques, privés, électroniques ou étrangers. Nous vérifions ensuite signatures et dates, prévoyons copies certifiées, légalisation et traduction, préparons un bordereau indexé en arabe et décidons si une constatation avant action ou une demande de production vaut la peine. Nous revérifions le texte en vigueur des lois et la procédure du portail à chaque étape.

Voir aussi : notre guide de l’arbitrage commercial au Koweït et notre guide de la conformité au Koweït, ainsi que notre pratique en droit commercial et des sociétés.

Questions fréquentes

Où sont les règles de preuve d'une action commerciale au Koweït ?

Dans la loi sur la preuve en matière civile et commerciale, décret-loi 39 de 1980, et non dans le Code de procédure, qui régit le dépôt, la signification et les audiences. Les écrits électroniques relèvent de la loi 20 de 2014 avec la loi sur la preuve.

Un contrat signé fait-il preuve par lui-même devant un tribunal koweïtien ?

Selon l'article 13 de la loi sur la preuve, un acte privé est réputé émaner de celui qui l'a signé, sauf s'il dénie expressément son écriture, sa signature, son sceau ou son empreinte. S'il les dénie, le tribunal peut ordonner vérification et comparaison selon les articles suivants.

Puis-je prouver une opération commerciale par témoins ?

L'article 39 de la loi sur la preuve limite la preuve par témoins pour les actes de plus de cinq mille dinars en matière non commerciale, et en matière commerciale le tribunal a plus de latitude. Les articles 40 et 41 restreignent toujours la preuve orale contre un écrit, de sorte que les documents restent la voie la plus sûre.

Les courriels et signatures électroniques sont-ils admis comme preuve ?

L'article 3 de la loi 20 de 2014 donne aux écrits et signatures électroniques le même effet qu'aux écrits lorsqu'ils respectent la loi. Les questions d'authentification reviennent à la loi sur la preuve selon l'article 7 : conservez les fichiers natifs et les certificats de signature.

Une apostille suffit-elle pour un document étranger au Koweït ?

Non. Le Koweït ne figure pas sur la liste des parties à la Convention sur l'apostille que nous avons vérifiée, de sorte que les documents étrangers exigent en général la chaîne d'attestation jusqu'à l'ambassade du Koweït et le ministère koweïtien des Affaires étrangères, et une traduction en arabe.

Puis-je déposer une action commerciale en ligne au Koweït ?

Le portail du ministère de la Justice permet aux avocats inscrits de déposer à distance assignations et ordonnances de paiement, selon son guide pour avocats de mars 2024. Nous n'avons pas trouvé de voie équivalente pour les demandeurs sans avocat.

Un tribunal peut-il contraindre l'adversaire à remettre un document ?

Oui. L'article 22 de la loi sur la preuve permet à un plaideur de demander la production d'un document que détient l'adversaire, dans les cas énumérés, et l'article 23 en fixe les conséquences, y compris un serment si le document n'est pas produit.

Comment obtenir un avis sur un dossier de litige commercial au Koweït ?

Contactez notre équipe par la page de contact avec le contrat, les documents essentiels et un bref résumé du litige. Le bureau du Koweït vous dira quels documents sont solides, ce qui manque et ce qu'il faut conserver d'abord.

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